Les régions du vignoble de Bordeaux

Sur la rive gauche de la Garonne et de l’estuaire de la Gironde, se rencontrent principalement des sols de graves, d’épaisseur variable, résultant de l’érosion millénaire des Pyrénées et charroyés par la Garonne.
Ces sols, constitués de galets, de graviers et de sables, sont très filtrants et ont un fort pouvoir d’accumulation de chaleur favorisant la maturation des raisins.

Le terroir, notion complexe, comprend bien entendu les sols et sous-sols d’un cru ou d’une appellation, mais aussi le climat et les méthodes de production.
La nature des sols est l’élément capital de l’implantation d’un vignoble de qualité, et Bordeaux a la chance de posséder une diversité de sols particulièrement favorables à la culture de la vigne.
Bordeaux
Bordeaux Supérieur
Blayais
et Bourgeais
Médoc
Libournais
Entre-Deux-Mers
Graves
Liquoreux

Sur la rive droite de la Dordogne, se trouve toute une palette de sols de composition variable. Constitués de particules relativement fines, ces sols ont la propriété de capter et de retenir l’eau de pluie ainsi que la température de l’eau de pluie. Cependant, situés généralement en coteaux et dotés d’une bonne potentialité de drainage, ces sols laissent l’eau en surplus s’écouler en profondeur où elle ne risque pas d’asphyxier les racines de la vigne.
Entre Garonne et Dordogne, les sols sont essentiellement argilo-calcaires. Ils ont, de ce fait, un caractère frais et humide comme ceux situés sur la rive droite de la Dordogne.
Vin AOC en Gironde
.
|
B
C
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C (suite)
E
F
G
H
L
M
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Vignoble de Bordeaux
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Vignoble de Bordeaux |
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Carte des subdivisions du Bordelais |
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Désignation(s) |
Vignoble de Bordeaux |
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Appellation(s) principale(s) |
bordeaux, saint-julien, pauillac, margaux, sauternes, sainte-croix-du-mont, castillon-côtes-de-bordeaux, etc. |
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Type d'appellation(s) |
AOC-AOPrégionales, sous-régionales et communales |
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Reconnue depuis |
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Pays |
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Région parente |
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Sous-région(s) |
Médoc, Graves, Sauternais, Entre-deux-Mers, Libournais, Blayais et Bourgeais |
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Climat |
océanique |
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Ensoleillement |
2 083 heures |
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Sol |
sableset graviersou argilo-calcaire |
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Superficie plantée |
117 200 hectares |
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Nombre de domaines viticoles |
9 820 viticulteurs |
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Cépages dominants |
merlotN, cabernet sauvignonN, cabernet francN, sémillonB, sauvignonB et muscadelleB |
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Vins produits |
rouges, quelques blancs, des liquoreuxet des mousseux |
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Production |
5 983 000 hectolitres en 2010 |
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Rendement moyen à l'hectare |
maximum variant selon les appellations, de 25 hectolitres par hectare (sauternes) à 125 hectolitres par hectare (IGP atlantique) |
Le vignoble de Bordeaux est le vignoble regroupant toutes les vignes du département de la Gironde, dans le Sud-Ouest de la France. Certains vins qui y sont produits sont parmi les plus réputés et les plus chers du monde, faisant du bordeaux une référence mondiale.
La production du vignoble est variée : environ 80 % de vins rouges(comme le pomerol ou le pauillac) et 20 % de vins blancs secs (tel que l'entre-deux-mers) ou liquoreux(par exemple le Sauternes ou le Cadillac), auxquels s'ajoutent des rosés, des clairets, et des vins mousseux(le crémant de Bordeaux). L'existence de 38 appellations différentes au sein du vignoble s'explique par la diversité des terroirs, c'est-à-dire des types de sols, des cépages cultivés, des pratiques de culture et de vinification.
Avec 117 200 hectares cultivés et une production de cinq à six millions d'hectolitres de vin par an, la Gironde est le troisième département viticole français en termes de production globale après l'Hérault et l'Aude, mais le premier pour les AOC en volume.
Antiquité
La vigne est présente dans la région de Bordeaux depuis l'Antiquité : les notables de Burdigala(nom de la cité de Bordeaux du temps de l'Empire romain) auraient décidé de créer leur propre vignoble en raison du prix élevé des vins en provenance de Narbonnaise et d'Italie, importés par les négociants romains, mais aussi pour exporter eux-mêmes par voie de mer. Strabon, pourtant attentif aux vignes, ne constata pas leur présence sous le règne d'Auguste au début du Ier siècle, quand il nomma Bordeaux « pour la première fois sous son nom antique de Burdigala ».
Vignoble
Le vignoble de Bordeaux est situé en Aquitaine, région du Sud-Ouest de la France. Ses limites géographiques sont théoriquement celles du département de la Gironde, mais l'aire d'appellation (pas systématiquement plantée) compte 505 communes sur les 542 du département : sont exclus les sables de la forêt des Landes (les landes de Bordeaux), le cœur de l'agglomération bordelaise et les zones inondables trop fertiles et humides des bords de rivière (les « palus »). 117 200 hectares ont servi à la production de vin en 2010 (le chiffre correspond au total des déclarations de récolte, sans compter les vignes encore trop jeunes).
|
2003 |
2004 |
2005 |
2006 |
2007 |
2008 |
2009 |
2010 |
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|
Surface |
123 000 |
123 300 |
123 200 |
122 100 |
120 600 |
119 400 |
118 000 |
115 400 |
|
Surface en |
900 |
1 300 |
1 500 |
2 000 |
1 600 |
1 500 |
1 400 |
1 800 |
|
Surface tous vins |
123 900 |
124 600 |
124 700 |
124 000 |
122 200 |
120 800 |
119 500 |
117 200 |
Climatologie
Le vignoble de Bordeaux est traditionnellement découpé en plusieurs subdivisions : le Médoc, les Graves et le Sauternais sur la rive gauche de la Garonne, l'Entre-deux-Mers entre Garonne et Dordogne, le Libournais, le Blayais et le Bourgeais sur la rive droite de la Dordogne.Le vignoble de Bordeaux n'est traditionnellement pas compté parmi les vignobles du Sud-Ouest. Lors de la délimitation des régions viticoles françaises par l'INAO, celle-ci a défini quatorze régions, dont celle de Bordeaux (limitée au département de la Gironde), du Sud-Ouest (Dordogne, Lot-et-Garonne, Charente et Charente-Maritime) et Toulouse-Pyrénées (Aveyron, Haute-Garonne, Gers, Lot, Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées, Landes, Tarn et Tarn-et-Garonne).
C'est un climat tempéré de type océanique, assez chaud pour permettre la culture des vignes même sur terrain plat. La pluviométrie est répartie de manière assez homogène tout au long de l'année avec des automnes plutôt pluvieux. L'arrivée plus précoce des perturbations entraine une année difficile. Au contraire, les années à belle arrière-saison assurent de bons millésimes. Les températures donnent des hivers doux et des étés chauds sans sècheresse. Le bon ensoleillement assure une bonne maturité au raisin.
Les relevés de la station météorologique de Bordeaux-Mérignac (à 47 mètres d'altitude) sont représentatifs du climat de la Gironde.
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Moyennes des relevés à Bordeaux-Mérignacde 1961 à 1990 |
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Mois |
jan. |
fév. |
mar. |
avr. |
mai |
juin. |
jui. |
aout. |
sep. |
oct. |
nov. |
déc. |
année |
|
Temp. Mini moyenne (°C) |
2,3 |
3,1 |
3,9 |
6,3 |
9,5 |
12,4 |
14,4 |
14,2 |
12,2 |
9,1 |
5,1 |
2,9 |
8 |
|
Temp. Moyenne (°C) |
5,8 |
7,1 |
8,8 |
11,3 |
14,6 |
17,8 |
20,2 |
19,9 |
17,9 |
14 |
9,1 |
6,4 |
12,7 |
|
Temp. maxi moyenne (°C) |
9,4 |
11,2 |
13,7 |
16,3 |
19,7 |
23,2 |
26,1 |
25,6 |
23,7 |
18,9 |
13,1 |
9,9 |
17,6 |
|
Ensoleillement (heures) |
86 |
109 |
162 |
190 |
211 |
242 |
276 |
249 |
207 |
165 |
103 |
83 |
2 083 |
|
Précipitations (mm) |
100,4 |
85,5 |
76,4 |
72,2 |
77,3 |
56,2 |
46,5 |
54,2 |
73,9 |
87,6 |
94,1 |
98,7 |
923 |
Source : Infoclimat.fr
Orage et arc-en-ciel au-dessus des vignes produisant l'appellation Fronsac.
Ces moyennes météorologiques sont modifiées par le relief et par la présence des cours d'eau : les températures maximales moyennes croissent légèrement du sud-ouest au nord-est tandis que les minimales sont plus basses dans le Bazadais et le Libournais (qui sont plus éloignés de l'influence de l'océan) ; le Médoc, le Blayais et le Bourgeais bénéficient ainsi de la proximité de l'estuaire de la Gironde, qui limite les excès de température, fournissant notamment de la fraîcheur lors des étés trop chauds. L'appellation bordeaux-côtes-de-francs est la plus élevée en altitude du département, la zone est plus sujette aux vents et donc les températures y évoluent un peu plus vite. L'ensoleillement approche les 2 200 heures sur le littoral et décroît vers l'est jusqu'à atteindre environ 1 900 heures.
Le Sauternais quant à lui dispose d'un climat local particulier. La rivière Ciron coule sous le couvert végétal de la forêt des Landes avant de traverser le vignoble de Sauternes, son eau froide y amenant de l'humidité ; à l'automne, ce phénomène crée des brouillards matinaux qui s'estompent durant la matinée, entraînant le développement de la pourriture noble nécessaire à la production de vins liquoreux.
Le climat bordelais connaît des variations annuelles modérées, qui ont des conséquences sur l'état des vignes, sur les rendements et sur la qualité de la production. Par exemple, l'année 1956 est marquée par de fortes gelées qui détruisent une partie du vignoble, tandis que 2003 l'est par un été caniculaire, pire que celui de 1947, les vignes souffrant de la chaleur et de la sécheresse : le record de la station de Mérignac est battu le 4 août 2003 avec une température de 40,7 °C mesurée à l'ombre et une moyenne mensuelle maximum de 32,1 °C (6,5 °C de plus que la normale). La production de cette année-là est atypique, avec des vins sucrés, manquant d'acidité et très alcoolisés dû à des raisins sur mûris (malgré des vendanges précoces).
Géologie et orographie
Le sous-sol de la Gironde fait partie du bassin sédimentaire aquitainet peut être divisé en trois ensembles géologiques :
Ces terrains plutôt plats de la Gironde nécessitent un drainage des sols, que ce soit sur la rive gauche de la Garonne où l'argile est présente sous forme de lentilles souterraines ou sur la rive droite où l'argile est plus présente encore. Dans les parcelles des meilleurs crus ce drainage est obtenu par des drains enterrés, en pins évidés dès le XVIIe siècle puis en poterie, remplacé dernièrement par du plastique. Ces drains sont essentiels pour les domaines se trouvant sur des sols où l'argile domine, ce qui est le cas du Château Cheval Blanc, du Château Pétrus et du Château d'Yquem.
Du calcaire à Astéries sur une maison de Sainte-Foy-la-Grande.
Le Blayais est avant tout calcaire : formation dite du « calcaire de Blaye » datant du Lutétien (Éocène moyen), remplacée plus à l'est par le « calcaire de Plassac » du Priabonien (Éocène supérieur) sur les reliefs et des colluvions argileuses würmiennes et holocènes sur les versants et les fonds. L'arrière-pays encore plus à l'est a des reliefs de « calcaire de Saint-Estèphe » gréseux à débris de fossiles (de l'Éocène) avec des vallons remplis de colluvions sableuses quaternaires.
Le Bourgeais est un peu différent, avec sur le relief au-dessus de Bourg des lambeaux de calcaire à astéries (des étoiles de mer) datant du Rupélien (Oligocène). Le coteau bordant la Dordogne (de Gauriac à Bourg) est couvert de limon ocre-jaune dit « limon du Bourgeais », tandis que l'arrière-pays est lui couvert des sables et graviers dits « de Pugnac » datant de l'Éocène moyen et supérieur.
Le Fronsadais forme un plateau délimité par l'Isle à l'est et la Dordogne au sud, au sommet couvert par un dépôt brun de sables, graviers et argiles, avec à flanc de coteau les « molasses du Fronsadais » datant de l'Éocène supérieur et de l'Oligocène inférieur, composées de sables et d'argiles carbonatées grisâtres (sur 15 à 20 mètres d'épaisseur).
L'appellation pomerol s'étend sur Libourne et Pomerol, en rebord du plateau de Saint-Émilion. Sur les molasses du Fronsadais se sont déposés des dépôts profonds de sables, graviers, galets et argiles se succédant de l'ouest vers l'est en terrasses, avec une boutonnière d'argile entre Pétrus et Certan. Les vignobles de Lalande-de-Pomerol et de Néac occupent les mêmes sols plus au nord, entre les ruisseaux de la Barbanne et de Lavie.
L'église de Saint-Émilion est construite en calcaire à Astéries.
Saint-Émilion et ses satellites (Montagne, Puisseguin et Lussac) occupent un plateau découpé par des vallons, dont les sommets sont formés de calcaires à Astéries datant du Rupélien (Oligocène supérieur) d'une épaisseur de 10 à 15 mètres, avec des versants formés d'argiles vertes carbonatées et de sables, puis des molasses du Fronsadais. La partie occidentale de l'appellation saint-émilion est la continuation de la haute-terrasse couvrant le haut de Pomerol, tandis que la partie méridionale descend les différentes terrassessableuses et graveleuses (du Pléistocène). Castillon et Francs, plus à l'est, sont sur des entablements de « calcaire de Castillon » reposant sur des argiles vertes affleurant sur les versants.
L'Entre-deux-Mers est divisible en plusieurs ensembles : d'abord la moitié nord-est où se retrouvent les mêmes formations que sur la rive droite de la Dordogne, soit le calcaire à Astéries reposant sur les molasses du Fronsadais (Oligocène inférieur) ; ensuite la partie centrale où ce même calcaire est recouvert de collines de marnes à argiles grises (Oligocène) avec dans les vallées des limons argilo-sableux (Pléistocène inférieur) ; enfin le coteau bordant la rive droite de la Garonne où s'ajoutent du calcaire gréseux datant du Burdigalien (Miocène inférieur) et un niveau à huîtres à Sainte-Croix-du-Mont (Miocène), avec au sommet de côte des argiles à gravier (Pliocène) dont il reste une butte-témoin plus à l'est à Gornac. Plus en aval de la Garonne (AOC Cadillac), le haut du coteau est formé de limons et d'argiles sableuses, tandis que plus près du fleuve le vignoble est sur la terrasse datant du Riss (Pléistocène moyen) formée de sables, graviers et galets. Encore plus en aval, les premières-côtes-de-bordeaux sont sur du calcaire à Astéries, recouvert par des dépôts de sables et graviers enrobés d'argile datant du Pléistocène inférieur.
Le Sauternais est posé sur du calcaire à Astéries, très largement couvert par des dépôts d'alluvions formant des terrasses aux pentes faibles. Il y a une exception sur Barsac et le long des rives du Ciron où l'érosion fait affleurer le calcaire à Astéries datant du Stampien (Oligocène supérieur), recouvert d'une fine couche de limon et de sable. Le sud de Preignac ainsi que le nord de Bommes, Sauternes et Fargues sont sur la moyenne-terrasse datant du Mindel (Pléistocène inférieur), formée de sables peu argileux, avec des graviers et des galets recouverts de limons. Enfin le sud du Sauternais est sur la haute-terrasse datant du Günz (Pléistocène inférieur) formée de sables et de graviers dans une matrice argileuse jaunâtre.
Dans les Graves et le Médoc, les ceps poussent sur un sol graveleux dont le gravier est visible dans cette parcelle de l'appellation moulis-en-médoc.
Les Graves portent le nom du type de sol dominant, les graves, qui sont des dépôts de graviers et de galets souvent mélangés à du sable et de l'argile, déposés par la Garonne. Elles forment une série de terrasses en pente douce de plus en plus anciennes à mesure qu'on s'éloigne du fleuve. Il y a d'abord les « argiles des palus » bordant la Garonne ; puis la terrasse datant du Mindel (Pléistocène moyen) formée de graves dans une matrice argileuse, à laquelle succède celle du Pléistocène inférieur, avec enfin à l'ouest la « formation de Dépée » composée de sables argileux et de petits graviers, qui annonce les sables landais.
À ce tableau s'ajoutent les affluents rive gauche du fleuve qui découpent les terrasses en croupes.
Le Médoc s'inscrit dans la continuité de la zone des graves : il est majoritairement graveleux dans le Haut-Médoc, notamment sur les aires d'appellation margaux, saint-julien, pauillac et saint-estèphe. Les crus classés sont installés sur les croupes découpées par les cours d'eau se jetant dans l'estuaire ; ces terrasses sont composées de galets et de graviers cimentés par des sables argileux, de plus en plus argileux du sud vers le nord. Quelques formations calcaires affleurent sur des parties de Listrac, Moulis et Saint-Estèphe.
Travail de la vigne
Vignes serrées à Sauternes.
Les vignes bordelaises sont conduites en rangs (appelé localement « règes ») palissés, avec une densité de ceps à l'hectare très variable. Les cahiers des charges des différentes appellations les limitent en minimum à :
Ces chiffres correspondent aux limites imposées théoriquement depuis 2011, mais il y a des mesures dérogatoires pour les vignes plus anciennes, notamment dans l'AOC bordeaux pour les parcelles plantées avant août 2008 qui ont le droit d'avoir une densité de 3 300 pieds par hectare. Les densités élevées entraine une diminution de la récolte par pied (ce qui est favorable à la maturité du raisin) et oblige la vigne à enfouir profondément ses racines (ce qui est favorable pour résister à la sécheresse) ; mais les densités élevées augmentent les frais de plantations, de culture et de vendange, favorisant en plus la propagation des maladies. D'un autre côté des densités faibles facilitent le passage des machines agricoles. Les records sont d'environ 10 000 pieds par hectare dans les crus du Médoc, voir 20 000 pieds pour les « vins de garage ».
Vignes partiellement enherbées produisant le côtes-de-bourg.
Vignes désherbées produisant le saint-estèphe.
·
Pourriture noble sur du sémillon (en octobre), à Bommes.
Vendanges
Les vendanges sont lancées par cépages : d'abord le sauvignon (souvent à la fin d'août, notamment pour le crémant), puis le merlot (mi-septembre), ensuite le cabernet franc et le cabernet sauvignon (fin septembre) et enfin le sémillon en dernier (de la fin septembre pour les moelleux jusqu'à octobre ou même novembre pour les liquoreux). La récolte est faite le plus souvent avec une machine à vendanger, ou manuellement dans les appellations les plus chers, ce qui permet dans ce dernier cas un premier tri dans la parcelle. Le transport jusqu'au chai se fait dans des remorques ou parfois en cagette. Dans le cas des vins liquoreux, la vendange est faite à la main par tries sélectives c'est-à-dire en plusieurs fois (de trois à six passages dans les vignes), par grappe ou par grain.
Les rendements moyens bordelais sont légèrement inférieurs à la moyenne nationale pour les AOC et varient fortement selon les appellations et les producteurs. Les plus bas rendements sont le fait des sauternes, dont le cahier des charges les limite à 25 hectolitres par hectare. Le Château d'Yquem annonce lui un rendement moyen de seulement 9 hectolitres par hectare. En rouge, les records sont détenus par les vins de garage (16 hℓ/ha déclarés à La Mondotte). Les plus hauts rendements autorisés sont pour produire l'AOC crémant de Bordeaux (78 hℓ/ha) et l'IGP atlantique (125 hℓ/ha).
Un rendement faible permet d'obtenir des jus concentrés, tandis qu'un rendement élevé donne un volume important, mais délayé. Les cahiers des charges fournissent des limites maximum à ne pas dépasser pour que la production soit acceptée en AOC, plus strictes dans les appellations réputées, ces plafonds pouvant être ajustés annuellement en utilisant le système de rendement moyen décennal (RMD).
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Rendements des récoltes, en hectolitres par hectare |
|||||||||||
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2000 |
2001 |
2002 |
2003 |
2004 |
2005 |
2006 |
2007 |
2008 |
2009 |
2010 |
2011 |
|
58,8 |
56,1 |
47,6 |
45,8 |
55,1 |
48,6 |
48,6 |
47,3 |
40,3 |
48,9 |
49,3 |
|
|
Plafonds des rendements par appellations, en hectolitres par hectare |
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|
Rendements et rendements butoir |
Appellations |
Rendements et rendements butoir |
Appellations |
|
125 |
IGP atlantique |
54 à 65 |
côtes-de-bourg rouges |
|
72 à 78 |
crémant de Bordeaux |
54 à 60 |
Pessac Léognan |
|
67 à 77 |
bordeaux blancs |
53 à 65 |
saint-émilion, montagne-saint-émilion, Lussac-saint-émilion, Puisseguin-saint-émilion, Saint-Georges-saint-émilion, Lalande-de-pomerol, graves-de-vayres rouges, fronsac et canon-fronsac |
|
65 à 75 |
entre-deux-mers |
50 à 65 |
Sainte-Foy-bordeaux rouge |
|
62 à 72 |
bordeaux rosés, côtes-de-bxblancs, côtes-de-bx Blaye blancs et côtes-de-bx Francs blancs |
52 à 65 |
côtes-de-bordeaux dénominations (Blaye, Cadillac, Castillon et Francs) rouges |
|
60 à 72 |
côtes-de-bourg blancs et Sainte-Foy-bordeaux blancs |
49 à 60 |
pomerol et bordeaux-supérieur rouges |
|
60 à 68 |
bordeaux rouge |
48 à 60 |
Blaye |
|
59 à 66 |
bordeaux-supérieur blanc |
46 à 55 |
saint-émilion grand cru |
|
58 à 68 |
graves blancs |
45 à 55 |
côtes-de-bx-saint-macaire moelleux, Sainte-Foy-bx moelleux et premières-côtes-de-bx |
|
57 à 63 |
pauillac, margaux, saint-estèphe, saint-julien, moulis-en-médoc et listrac-médoc |
40 à 48 |
graves-supérieures |
|
55 à 72 |
graves-de-vayres blancs |
40 à 44 |
Cérons, sainte-croix-du-mont et Loupiac |
|
55 à 65 |
côtes-de-bordeaux rouges, haut-médoc, médoc, graves rouges |
37 à 40 |
cadillac, côtes-de-bx- saint-macaire liquoreux, sainte-foy-bx liquoreux et côtes-de-bx Francs liquoreux |
|
55 à 60 |
côtes-de-bx-saint-macaire blanc |
25 à 28 |
sauternes et Barsac |
Prix des vignes
|
Valeurs vénales des vignes à l'hectare (terres libres à la vente) en 2011, en euros |
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|
Moyenne des ventes |
Moyenne des les moins chers |
Moyenne des les plus chers |
|
|
Cadillac-côtes-de-bordeaux |
18 000 |
8 000 |
30 000 |
|
Bordeaux, bordeaux-supérieur, sainte-foy-bordeaux, |
15 000 |
7 000 |
21 000 |
|
Canon-fronsac |
60 000 |
40 000 |
80 000 |
|
Blaye-côtes-de-bordeaux |
19 000 |
7 000 |
30 000 |
|
Côtes-de-bourg |
22 000 |
9 000 |
35 000 |
|
Castillon-côtes-de-bordeaux |
21 000 |
15 000 |
25 000 |
|
Fronsac |
28 000 |
20 000 |
45 000 |
|
Gravesblanc, graves-supérieures et Cérons |
27 000 |
20 000 |
42 000 |
|
Graves-de-vayres |
15 000 |
7 000 |
21 000 |
|
Gravesrouge |
27 000 |
20 000 |
42 000 |
|
Haut-médoc |
70 000 |
50 000 |
90 000 |
|
Lalande-de-pomerol |
170 000 |
150 000 |
230 000 |
|
Sainte-croix-du-mont, Loupiac |
18 000 |
8 000 |
30 000 |
|
Listrac-médoc |
70 000 |
45 000 |
90 000 |
|
Médoc |
35 000 |
30 000 |
50 000 |
|
Moulis-en-médoc |
80 000 |
50 000 |
120 000 |
|
Pauillac |
1 650 000 |
1 200 000 |
2 000 000 |
|
Pessac-Léognan |
330 000 |
280 000 |
420 000 |
|
Pomerol |
900 000 |
500 000 |
2 350 000 |
|
Saint-estèphe |
350 000 |
110 000 |
550 000 |
|
Saint-émilionet saint-émilion grand cru |
200 000 |
100 000 |
1 000 000 |
|
Saint-julienet margaux |
1 100 000 |
600 000 |
1 200 000 |
|
Montagne-saint-émilion, Saint-Georges-saint-émilion, |
85 000 |
60 000 |
110 000 |
|
Barsacet sauternes |
50 000 |
35 000 |
65 000 |
Le prix des vignes et le poids politique de la filière a même une influence sur les projets d'infrastructure : l'idée d'un contournement autoroutier de l'agglomération par le nord a été abandonnée à la fin des années 2000 car touchant le Blayais et Margaux ; la LGV Sud Europe Atlantique évite les principaux vignobles (franchissement de la Dordogne à Cubzac-les-Ponts) ; tandis qu'une des contraintes d'un des projets (l'option est) de la LGV Bordeaux - Espagne est qu'elle passerait par le nord des Graves.Ces chiffres sont à comparer avec la moyenne nationale des vignes, qui est à 51 000 € en 2011 (hors champagne), ou encore avec les prix des terrains de la forêt des Landes se trouvant dans le département de la Gironde qui sont à 5 400 € en moyenne. La pression sur le foncier des appellations les plus prestigieuses est telle que l'ancien hippodrome de Libourne (hippodrome de Cantereau, de 1904) a été vendu fin 2010 car il occupait 13 hectares classés en appellation pomerol. Seul l'urbanisme fait concurrence aux vignes, d'où le mitage de l'appellation Pessac Léognan. Par contre dans les appellations plus basiques, la crise de surproduction a comme conséquence la mise en vente de parcelles à prix faibles (à moins de 10 000 € l'hectare) sans qu'elles ne trouvent acquéreur.